Jérémie Prégardien décompte les jours avant les premières compétitions de ski
Depuis le glacier de Hintertux en Autriche où il est en stage, le skieur Jérémie Prégardien nous a fait le plaisir de nous accorder quelques minutes pour faire le point sur sa préparation à l’approche de la saison hivernale. Après sa première expérience aux Jeux paralympiques de Milan Cortina, il aborde les prochains rendez-vous avec une motivation renforcée et l’envie de poursuivre sa progression.
Jérémie, avant toute chose, comment vas-tu à l’approche de cette nouvelle saison ?
Je vais bien et je suis content de ma préparation. Je n’avais pas de grosse blessure à soigner à la fin de la saison passée, donc j’ai pu reprendre directement le travail physique. J’ai eu le temps de bien me préparer et je me sens prêt pour la suite. Dans le groupe aussi, la dynamique est bonne : on se connaît bien, l’ambiance est positive et on se professionnalise de plus en plus. Tous les voyants sont donc au vert pour le moment !
Comment s’est passée ta préparation ? As-tu déjà retrouvé les autres skieurs en stage ?
Pour la préparation physique, on s’entraîne chacun de notre côté, mais je pense que nous avons tous la volonté d’arriver vraiment prêts sur les pistes. Pour le ski, en revanche, le début a été plus compliqué. Nous n’avons pas le budget des grandes nations pour partir sur d’autres continents, au Chili par exemple. Nous nous entraînons sur les glaciers d’Europe, mais les premiers stages ont été annulés à cause des conditions climatiques et de l’été caniculaire. Il a donc fallu patienter !
On a finalement pu faire un premier stage à partir du 10 octobre, puis un deuxième maintenant, début novembre. Les conditions sont bonnes, on skie tous les jours. C’est vraiment positif, et on a aussi pu partager la piste d’entraînement avec l’équipe de France handisport. On les connaît bien et cette collaboration permet aussi de s’organiser entre entraîneurs et de mutualiser les tracés. C’est une superbe opportunité pour nous, bien que le temps passé sur les skis soit impossible à rattraper.
En mars dernier, tu participais à tes premiers Jeux paralympiques. Que s’est-il passé pour toi depuis que ceux-ci se sont terminés ?
Après les Jeux, tout s’est enchaîné très vite. Je suis rentré un lundi et, le vendredi, je repartais déjà en compétition. Ensuite, on a encore profité de bonnes conditions pour aller s’entraîner à Tignes où ont lieu les championnats du monde cette saison.
C’est à la fin de ma saison, à la mi-avril, que j’ai davantage ressenti le contrecoup. Les Jeux, c’est un objectif qui demande énormément d’efforts, d’énergie et de sacrifices pendant des années. Puis, tout à coup, c’est passé et tu dois te reconcentrer sur autre chose. La transition a été assez dure avec le retour à la vie quotidienne aussi, même si cela reste une expérience exceptionnelle et que je suis content de ce que j’ai pu y vivre.
Cette première expérience paralympique t’a-t-elle donné une motivation supplémentaire pour t’entraîner et progresser ?
Oui, ma motivation en est ressortie renforcée. Mentalement, je me sentais bien pendant les Jeux : les entraînements se passaient bien, j’ai su gérer la pression et j’abordais mes départs avec confiance.
Après, il faut accepter qu’en ski, certains éléments nous échappent. Tu peux te préparer pendant des années et te retrouver confronté à des conditions que tu ne maîtrises pas. C’est parfois difficile à accepter, mais cela fait partie de notre sport.
Avec le recul, j’essaie surtout de comprendre ce que je peux apprendre de cette expérience. Me retrouver à ce niveau et me confronter aux meilleurs m’a donné encore plus d’envie d’aller plus loin.
Sur quoi penses-tu pouvoir le plus progresser ?
Sur ma capacité à m’adapter à tous les terrains et à toutes les conditions. D’un jour à l’autre, une piste peut être complètement différente.
Il faut chercher les bons appuis, les bonnes positions et les sensations qui permettent d’être performant dans chaque situation. C’est un travail permanent et l’expérience joue énormément. Certains concurrents ont déjà vécu ces conditions des dizaines de fois dans leur carrière. Plus je pourrai multiplier les entraînements et les courses, plus je pourrai enrichir cette expérience et m’adapter mieux et plus rapidement.
Quels sont tes objectifs pour cette saison ?
Mon premier objectif est de réintégrer le circuit des Coupes du monde dès que possible. Il me manque encore quelques points dans les disciplines techniques, donc je veux aller les chercher dès le début de la saison pour retrouver le top mondial.
Ensuite, les championnats du monde de Tignes en mars prochain seront évidemment un grand rendez-vous. J’ai déjà les minima en technique et je souhaite aussi les obtenir en vitesse. La difficulté, c’est qu’il y a peu de courses pour le faire et qu’une annulation liée à la météo peut vite réduire les possibilités.
Tignes est aussi un endroit que je connais. On a déjà pu s’y entraîner et certains amis ont prévu de venir me soutenir. C’est une belle perspective et une belle source de motivation.
Ces Mondiaux en France seront-ils aussi une occasion de prendre tes marques en vue des Jeux d’hiver des Alpes 2030 ?
Oui, mais je dirais que ce sera surtout grâce à l’expérience des grandes compétitions. Se retrouver avec les meilleurs, gérer la pression, la présence du public et des médias : tout cela permet d’apprendre dans un environnement qui se rapproche de celui des Jeux.
Pour les pistes elles-mêmes, même si les conditions seront probablement similaires, il faudra de toute façon s’adapter. Chaque site est différent, et les conditions peuvent changer d’une année à l’autre. Ce n’est donc pas simplement parce qu’on court dans la même région qu’on retrouvera les mêmes sensations.
En revanche, la proximité avec la Belgique est clairement un avantage pour nous. Les amis et les familles peuvent venir plus facilement, et leur présence crée une émulation supplémentaire.
Que pouvons-nous te souhaiter pour ce début de saison ?
J’ai vraiment envie que ça commence et je pense que c’est un sentiment partagé par toute l’équipe. On a beaucoup travaillé physiquement et je suis content de pouvoir aborder la saison avec une préparation solide.
Maintenant, je veux concrétiser le travail accompli, continuer à apprendre et donner le maximum à chaque départ.
Merci Jérémie !
Les skieurs belges entameront cette saison 2026-2027 en décembre en Autriche. Au-delà de l’envie de performer sur le circuit des coupes du monde, tous auront également les championnats du monde de Tignes (7 > 19 mars 2027) en ligne de mire.
